29.4.07

Je suis entré au Népal en 1972 par la porte de Pantin à Varanasi. Revenant de 10 jours à OM City par le train fantôme dans lequel on voit parfois un sergent fumer son beedie roulé à la portière des trottoirs, l`aube bleue réveilla ses wagons en bourlinguant à fond sur le pont de Bénarès.
Arrivant à la station de Kashi je décidai qu`il fallait s`y jeter pour apercevoir l`astre rouge et doré à nouveau se lever au-dessus des rails et des pains beurre croissant au cas où des quartiers de lune seraient tombés dans le jus d`or aux anges.
Je m`enfilai le bord du Ganges le long des ghats ensoleillés où un âne rescapé du Holi festival tentait de se faire la malle entre les marches et les pots colorés qui résonnaient encore dans son cerveau.
Ca sentait bon la floraison, le soleil nous refaisait une beauté. Je cherchai le nouvel hôtel de la guest house et me pointai au 7e floor planté à la terrasse du Puja aux drapeaux irisés, je flottai toujours dans le vent du silence improbable, tellement changeant et si tangible.
Il nous fallait du bon teuchi pour célébrer l`arrivée du Pantin à la Puja. J`allai m`asseoir sur les marches d`un ghat en attendant le messager qui arriva et qui s`appelait Diamond. Taxant le chilam d`un saddhu endormi nous allâmes sur son bateau goûter le Gange de la Parvati.
Il me fallait du lourd, j`allai chez son grossiste. Au carrefour des ruelles crématoires c`est dans le temple de Kali que je trouvai mon bon Marco Poli qui refourguait la crème du Manali. Je pris un bon morceau de Parvati pour encenser quelques prières à l`intention du frère ami de Varanasi.
Sortant de l`ombre des trains blanchis, Quentin ouvrit la porte du ciel et descendit par le soleil de Shambhala en glissant gracieusement le long de ses rayons.
Enfin mon Pantin nous ouvrit ses bras, le cœur joyeux et flambant neuf comme le joyau précieux à la bague des rois.
Pantin se levait la nuit à trois heures du matin et arpentait Varanasi armé de son 19 millimètres à la recherche du secret perdu dans le cliché retrouvé de la ville aux asphaltes anciennes et aux portes spirituelles nouvelles.
Au son du tambourin nous réveillâmes les sages assis dans leur refrain.
Une visite à mon pote Gopallam pour s`enfiler un curry dans la mousse et les babines léchées nous envoler comme des cerfs dans le tourbillon papillon des cieux sans nom.
L`éveil n`a-t-il pas de faim ?
Au son des lampions nous retrouvâmes le chemin dans le noir et les parfums du soir.
L`assise carnassière sous le soleil brûlant carbonisait des pans de notre ego. Osho et Trungpa nous aidaient à la méditation en nous donnant une causerie à la lecture d`un coin de lit.
Nous pratiquions le zen en mangeant du riz.


















En route pour Bodhgaya
Alors on décida de retourner voir la Bodhi à la source des pieds de la terre notre mère.
Si vous êtes aux cieux, écrivez-nous.
Sittharto Goutamo à la trace d`un lampion nous filerait bien son mantra aux sons sacrés si en guise de pépite nous lui inventions un nouveau mot.
Le bouddha est partout qui respire en nous.
Et Pantin à la lucarne visait le vol des voyages assis sur un pigeon en canardant les mages.
Mon bouddha était là, enfin à côté du moi, ouvrant la porte de la Villette en nous offrant le son des prières et de la violette. L`ego pouvait continuer à jouer du violon, nous avions déjà mis ses guitares en pièces. Dès le petit-déjeuner nous lui réglions son compte, alignés sur le trottoir en fusillant ses cornflakes à la banane.
Notre cerveau n`était plus qu`un cœur.
Pour devenir ventre il n`y avait qu`un pas.
Alors nous marchâmes sur la face du bouddha, criant à qui voulait l`entendre la gueule ouverte au tantra.
Je chargeais nos joints comme un bourrin plus sûrement qu`un âne bâté pour un trek hymalayen.
Nous fîmes une after party à Patna en chambre privée tout une après-midi. Les créatures somptueuses collaient leur tronche mascara au tube nitron de l`écran tv et s`invitaient autour de notre danse dans le cœur de nos chants.
Jumping body aux cristaux liquides dans la télévision de l`Ultra-Nation.









Friction d`egos
Mon Pantin a adoré le voyage en bus de Patna à Raxaul, la frontière népalaise. Il réussit quand même à s`endormir avec son petit coussin gonflable pour le cou et je voyais sa tête balancer aux rebonds déglingués de la route tandis que je surveillais mon strapontin avant d`avoir la tête dans le plafond.
Le soleil rouge du levant nous accueillit et le bus éjecta nos sacs roulés dans la farine. Pour les formalités de passage il me fallait rouler un stick avant de changer les dollars et tamponner le visa. Dans une ruelle entre les échangeurs je soufflai dans les bronches de Parvati afin de détendre l`atmosphère de la nuit blanche et de la sainte prière.
Je traversai la file indienne de nos dernières attentes entre les bons hindous filous et leurs cousins du dessus, pompant a l`invisible religiosité alors que Pantin me demanda si j`étais toujours un adolescent, à tirer sur mon joint entre les passants ?
A la frontière j`étais invisible entre les voiles de l`illusion sur le chemin des nains en route vers Kathamandu.
Il est vrai que la veille j`avais rendu fous plus d`un hindou en leur affirmant à Patna que le sud était au nord, j`avais regardé la carte à l`envers, depuis je ne me fie plus aux guides.
Pantin tenta de voler un tricycle hindou pour passer la frontière incognito. Je le filmai avec le mini numéric pour le voir s`emmancher dans le trafic des cyclos au milieu des hindous béants qui bouches bées et bras ballants, les yeux collés par l`arrêt du temps, ne virent pas que je flirtai avec Parvati en catimini. Nous étions gros comme des camions et Shiva soufflait de la trompette en démontant les portants du temps afin d`écarter les poteaux de l`espace.
Les assauts de la conscience sont toujours plus forts que ceux de l`ego.
Nous arrivâmes a Birgunj en territoire népalais, après la grande porte du gompa noir et blanc. No man`s land de bicyclettes le long de l`avenue centrale. Un hindou filou tente de nous voler nos sous pour nous emmener a Kathmandu. Je l`expédie dans son cosmos : pas d`argent, pas de problème, il peut garder son taxi et ses roupies, ma devise est celle du cœur, je n`aime pas le regard vénal de ses yeux rouges injectés de sang.
Mon Pantin qui voulait négocier s`en retrouve pour ses frais perdu dans le no man`s land : je lui propose d`aller à Kathmandu à pied, je tente de faire résonner le son de la cloche, en accord avec les mouvements du sceptre vajra.
Ca ne marche pas. Mon Pantin est têtu comme un âne et nous voila chacun marchant d`un côté de la rue, fâchés par le non-sens de la situation. La frontière indo-népalaise est une zone sensible sur 30 km et la circulation motorisée y est rare, aucun taxi et les rares camions ou motos refusent de prendre les touristes pour nous emmener à 30 bornes et sortir du no man`s land.
Je hèle mon Pantin en tentant de lui faire le coup du bouddha : rejoins-moi de l`autre côté de la rive, tu marches dans l`ombre et je nage au soleil, sur le côté de l`avenue baignant dans la lumière.
Mon cochon de Pantin plus borné qu`une mule continue de marcher à l`ombre possédé par le démon, les yeux rivés sur le trottoir.
Arrive de son côté une truie plus grosse qu`une vache accompagnée d`une meute de porcelets, je lance à mon Pantin que sa copine se pointe vers lui. Ca ne le fait pas rire.
Je traverse la rue et m`arrête au milieu de la route, marchant à reculons entre les voies contraires afin de lui montrer l`équilibre entre ombre et lumière. Mon baudet ne bronche pas, determiné dans sa voie.
Alors je plonge dans son ombre pour nous ramener à la surface et effacer le trouble de nos profondes heures. Et puis je disparais dans l`invisibilité comme souvent je sais faire et lâche mon Pantin à l`école des mules. Mon estomac commence à gargouiller.
Téléporté dans une échoppe je commande un breakfast à l`aubergiste et hèle mon Pantin resté en plan sur le trottoir.
Le Flampin se jette sur les samousas avec plus d`entrain qu`un moine vers les plaines du nirvana. Les lentilles n`eurent pas le temps de gémir. Que déjà j`incendiai mon Flantrin de nous faire tout un flan autour de son ego pressé, qu`au lieu d`un bon citron vit en nous le cœur du soleil orange et qu`à défaut de nous engrainer on peut aussi se fendre la banane.
Au diable les cartes routières, sabrons nos êtres dans les champs en pagne !
Le tricycle de l`aubergiste voulut bien nous emmener à 25 bornes vers Simla, à trois heures de vélo mais seulement 5 bornes après, au grand dam de notre tricycle prêt à charger deux mules jusqu`au fond du Népal, nous nous engouffrâmes dans un tuk-tuk à vide accélérant sur le bitume plus vite qu`un chameau à plumes.
Nous avions mis l`ego des dromadaires en congé, ne nous restait plus qu`à rouler sûrement vers le Népal à la source de sa capitale.

La fracture des yeux
A Simla enfin, 6 heures pour parcourir 20 bornes, un taxi break nous installa dans un confort moelleux où je sombrai une heure entre les montagnes du délice sur la route soyeuse du nez pâle aux yeux du visage des rëves.
200 kilomètres de cœurs ouverts et de regard pur, des beautés sorties d`un autre univers. Eros décoche ses flèches à la poitrine du firmament.
Sommes-nous sur un plateau hors du temps, depuis l`Iran et le Pakistan jusqu`au pays des Afghani ? La beauté claire et franche alliée au calme fier étrangement posé sur le cœur de pierre des plaques tectoniques glissantes et entrechoquées.
La beauté noire sucrée de tous les dravidiens se mêle et s`unit au regard acier de tous les aryanismes.
Ni carte, ni guide, seul le sentier du cœur amène aux voies ouvertes.
Une dernière friction d`egos pour se laisser aller, à la décision du chameau ou bien du bourricot, Padma a dansé la samba, il va sur le sentier Sakkyamunibuddha, avalé par la bouche d`Avalokiteshvara.
Tchanrezi dans les champs grésille, fondu dans le blé et l`orge sucrés à l`heure de la tsampa grillée.
Shiva nous donne un 5 étoiles pour dormir dans les beaux draps du dharma.
Nous avons commencé la tournée des bars par l`Irish Pub, puis testé la gnôle locale au fond d`un bon vieux rade indiqué par une blonde suédoise croisée dans la rue où nous dansions déjà devant le sound-system d`un shop musical résonnant de jungle népalaise.
Mis en train par le shnaps au fond des bouteilles de bière nous atterrîmes à la terrasse d`un concert rock aux meilleures reprises lorsque nos feux bien allumés la transe de la kundalini commençait à secouer le fil de nos énergies.
Je me retrouvai dans la rue embarquant deux loustics qui m`amenèrent boire vers un nouveau bar où je retombai sur la suédoise qui me conduirait au bassin du bouddha en fleurs.
A 23 heures mon Pantin lâcha une jolie galette aux pieds de l`arbre du temple de Shiva juste devant notre hôtel puis alla se coucher : pas bouger. Cela je ne le sus que le lendemain.
De mon côté Shiva nous avait transportés en cab jusqu`au jardin des pruniers dans le verger du bouddha aux petits bassins d`eaux couverts de fleurs et de lotus.
Il y avait un sound-system avec des enceintes géantes et Shiva m`attrapa pour me balancer au plafond, je devins Natraj à poil accroché aux poutres métalliques et lancé sur les murs du sol au plafond tentant d`imiter Hanuman le singe volant qui danse et les fleurs de lotus me poussaient sous les pieds dans les doigts et aussi par l`anus.
Enchaîné à la nudité de l`âme j`insultai le bouddha qui n`existait pas autour des causeries au coin du feu, si tu peux lancer la graine dans les flammes alors fais jaillir l`éclat.
L`esprit occidental est parfois si étriqué qu`il faut lui mettre un bon coup de pompe bien placé entre les deux yeux pour que s`illumine enfin son visage soit une bonne claque sur les fesses afin que se détendent les chakras de la roue de la loi du cœur jusqu`au ventre et que l`on puisse enfin apercevoir dans tout le plexus solaire l`éclat de la grâce et la force de l`éclair.
L`esprit qui gît alors dans les soubresauts de l`âme déploie son nid d`entités dans l`espace le plus pur d`un vide né de foi sans plus aucune loi.
L`être est la quand tout disparaît.
Je remonterai le fleuve du Gange jusqu`à Issy-les-Moulineaux pour m`offrir un portail et voir à travers nos os.
Si je suis fatigué je rentrerai dormir au zoo allongé entre les lions et les cochons ou perché sur le coup d`une girafe montée par un éléphant.
Il était 5 heures du matin bien trempé dans la rosée fraîche lorsqu`arrosés au rhum je fus dans la rue où mes loustics tentèrent une embuscade.
Je les attrapai en les faisant tournoyer mais ils n`étaient pas chauds pour l`encastrage et lâchèrent la partie en me foutant la paix. Shiva n`était pas content et m`avait dit de rentrer avant l`heure des citrouilles pour pas me transformer en gros lapin au chocolat.
Un tricycle pas dérouté qui avait vu la scène me ramena dans le centre sans pourtant trouver la guest home de mon hôtel house, j`enrageai de ne pouvoir trouver mon om.
Je gueulais comme un putois en arpentant les rues de Kathmandu sans rencontrer âme qui vive ni même une vache sacrée pour me filer un renseignement.
En passant devant un shop la porte métallique me regarda de travers et plutôt que de lui mettre un coup de talon à fond j`eus trop de compassion pour cette porte en fer et son propriétaire que je tapai en retenant à peine mon geste avec le gros orteil du pied.
Quelque chose résonna dans mon âme, je sentis la porte s`éveiller. Pour graine de sésame la porte ouvrit mon pied.
Je finis par retrouver mon om en réveillant le portail en fer qui dormait comme une souche à coups de poings tapageurs d`une douceur extrême. Le portier me fit remarquer la sonnette sur le montant du portail. A 6 heures d`un matin où l`aube naissante faisait une jolie couleur bleue au pourpre du ciel je voulais faire comme mon Pantin dans son lit d`étoiles, enroulé dans les draps de la divine loi, Shiva couché, pas bouger.
Je tombai comme l`enclume du sommeil sur la faucille du rëve. Peut-être un léger songe sur le chatouillement du pied me fit un sourire aux lèvres à propos des anges alités étendus sur le bord du cosmos des gouffres. Sûr qu`au petit-déjeuner Shiva apporterait des gaufres sucrées et du thé au miel.

Une histoire de pied
O joie, ô douleur, ô bonheur ! Lorsque je me levai vers midi impossible de poser le pied par terre. Mon gros orteil n`était que douleur et m`envoyait des décharges électriques qui se diffusaient dans toute mon âme.
Shiva m`offrait une grande leçon sur la nature des fruits de la colère. Étrangement plus intense était le mal plus profonde était ma compréhension. J`assumais entièrement le revers de la rage et le contrepoint de ma douleur pédestre se répercutait en lumière dans tout mon être.
Je tentai une excursion depuis le 4e étage pour aller acheter des clopes au rez-de-chaussée. La descente des marches de l`escalier fut un chemin de croix imposant une torture divine à mon pied handicapé. Le sang de la colère avait dessiné une lune rouge et bleue qui devint violette pour orner mon pouce de son symbole en forme de croissant qui pousse aussi dans les cheveux du dieu des firmaments.
Je n`avais pas le choix, il fallait que je m`assois afin de contempler le Soi dans son immense quiétude.
Nous nous racontâmes la nuit avec Pantin qui voulait m`emmener à l`hôpital d`en face. Mais j`étais ma propre infirmière guérissant et mon pied et mon âme par les grands flots et les mots de la lumière.
Pantin fut vraiment un ange et il me concocta des joints à faire pâlir les sages indiens. A l`école de l`assise nous fîmes de notre chambre l`Ashram de la création.
Pantin ramena un mini disc et des enceintes afin d`écouter du bon son et illuminer nos esprits du corps de la musique.
Il avait tenu bon et offert sa parole de m`emmener au pays des territoires du ciel où je pourrais contempler encore et toujours les manifestations au miel dans le grand miroir d`éveil.
Il ne restait que quatre jours avant son retour en France et il s`offrit un petit trek vers les montagnes des alentours.
Je l`attendis sagement assis dans le samadhi élevant mon cœur dans le champ spirituel des douceurs aux lumières de l`infini tandis que je soignai l`appétit de mon corps à grand renfort de pakora, des beignets frits et du chili.
Je n`étais que brisure les os concassés par Shiva, les membres pétris par l`extase, mon corps était une courbature totale. J`avais vu le feu danseur du dieu Natraj et je continuai de savourer les effluves du son doré de la voix du cœur. Le chant du monde se mêlait au silence des assises. Osho soufflait à mon oreille des complaintes délicieuses sur le non-sens de l`existence et la voie de sa connaissance.
Les enfants naissent dans le temple aux choux où les cigognes cueillent des roses et des violettes pour faire un beau bouquet sur l`autel des fleurs.
Mon Pantin revint plus beau qu`un camion indien, les yeux bleus lumineux brillant d`une intense magie par lesquels on pouvait voir les plaines de l`infini. Il avait le teint rose des homards bleus qui ont rougi devant la beauté du ciel et le feu de l`astre soleil, la poitrine gonflée d`avoir croisé des demoiselles de miel.
Son cœur en fleur nous avons ashramisé l`atmosphère du salon au son des musicalités de la méditation qui nous poussait par le mini disc et les cônes de la sainte trinité dessinant des fumées vertes et bleues ou orange jaune et rouge à travers le prisme et les yeux du regard de dieu.
Pantin écrit des rëves tandis que le soleil se lève, dans son carnet s`éveillent les mots du sommeil, de jeunes créatures s`entretiennent aux ancêtres qui font brûler les flammes de la culture au fond des bois de hêtres où les rois de la forêt brandissent encore le sceptre.
A l`aune des arbres le tumulte joyeux des frères de la compassion fait résonner le chant cristallin du joyau des âmes et le refrain de nos sœurs mélodieuses s`élève par le cœur et le sein des femmes.
Mon joyeux bouddha allait rentrer en France et me laisser seul perdu au pays de guru. Il reprenait les cours à l`école des poissons le 1er avril et j`avais devant moi encore deux mois d`inconnu à l`école des pieds.
Nous fîmes une dernière sortie arrosée et joyeuse dans un bar de la nuit aux ruelles chaleureuses. Le groupe rock nous mit une transe sulfureuse et la magie de la communion traversa l`ensemble de la population, dessinant des fleurs entre nos jambes et liquéfiant le reste de nos cerveaux.
Une australienne se dédoubla pour nous rouler des pelles et des midinettes américano-thaïlandaises nous griffaient le torse en pressant nos tétons pour voir s`il s`en écoulait du lait aux fruits de la passion.
Tandis que Pantin courut après l`australienne j`allai terminer de retourner les cerveaux en boîte nu comme une sardine frétillant dans l`huile.
Comment un bouddha posé au centre de la terre parvient-il à faire sauter le caisson de l`univers ?
L`aventure des deux pantins touchait à sa fin, le silence nous avait unis dans la communion avec les indiens, ne nous restait plus qu`à dire au revoir aux fous et aux chiens et laisser les gurus sur le trottoir de la misère.
Mon bouddha de Pantin fuyait vers les contrées franches à la recherche d`un bon paquet de gauloises à faire rissoler de nouveau sur un plateau de fruits de la mer. Il me laissait sans guru en route pour l`océan. Sûr que je le remplacerais par un lama du cru pour m`emmener marcher autour du mont Méru.
Dans son sac il glissa Osho et Trungpa ainsi que les articles politiques d`Arundhati Roy pour parfaire sa connaissance du monde et de l`alchimie des hommes, voguant sur le bateau fou à la conquête des âmes sur la crête des écumes et le flanc du soir.
Extrait du Livre du Pantin